La Criméeune péninsule historiquement disputée
- Pierre SUAIRE
- 1 mars 2022
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 déc. 2024
Alors que les affrontements militaires entre la Russie et l’Ukraine gagnent en intensité ces derniers joursnous vous proposons de revenir sur l’histoire de la Crimée. Ce territoirehistoriquement convoité par de nombreux empires pour sa dimension stratégiqueest situé au sud de l’Ukraine. Rattaché de facto à la Fédération de Russie depuis le printemps 2014il ne constitue plus le cœur des tensions entre les deux pays mais demeure un point d’achoppement dans les relations entre la Russie et les pays occidentaux. Dans les mentalités et projections historiquesla Crimée représente un nœud qui continue de susciter un imaginaire riche mais souvent fantasmé. Comment expliquer cette importance géopolitique sur le temps long ? En quoi la composition démographique de la péninsule est un aspect fondamental des tensions ? Quelles sont les racines et ramifications des discours projetés sur les territoires criméens ?

Durant l’ère antiquela Chersonèse Taurique désigne la presqu’île située au nord du Pont-Euxin (Mer Noire). Dès le VIe siècle av. J.-C.les cités grecques qui ont colonisé les rivages de cette péninsule ont dû composer avec des populations variéeset notamment des nomades comme les Scythesles Sarmates et autres Cimmériens (quiétymologiquementont peut-être donné le nom de Crimée). Des échanges commerciauxculturelssociaux notables ont caractérisé les relations entre le royaume du Bosphore (situé autour du détroit de Kertch)les autres cités grecques et les peuples de la région. Celle-ci est conquise en partie par les Ostrogothspoussés par les Hunsà la fin de l’Antiquité. La moitié sud reste dans l’influence gréco-romainetandis que les Goths de Crimée dominent le nord. À travers les sièclesce territoire se trouve à la croisée des chemins des peuplades des steppesqui y font des incursions régulièresainsi que du patronage de principautés (comme celle de la Rus de Kiev ou celle des Khazars) qui souhaitent bénéficier de la situation stratégique de la péninsule.

Au début du XIIIe sièclela Crimée fait l’objet des convoitises de deux thalassocraties : les Républiques de Venise et de Gênes. Dans le contexte des croisades vers l’Orientdes comptoirs commerciaux sont installés dans l’espace byzantin par ces deux empires maritimes. Cependantau cours des annéesl’empire mongol accroît son emprise territoriale et s’étend jusqu’aux portes de l’Europe (années 1230-1240). La Crimée constitue pendant de nombreuses décennies l’un des théâtres de l’affrontement entre les territoires gréco-romains (à l’exception de la principauté de Théodoros) et le khanat mongol de la Horde d’Or. Ainsile port génois de Caffafaisant partie de la Gazzaria (dont le nom renvoie aux Khazars)connaît une bataille à l’importance mondiale en 1345-1347. Les armées mongoles et tataresdécimées par la peste bubonique déclarée en Asie centralecatapultent leurs cadavres en direction des assiégés. De retour en Italie après la levée du siègeles Génois transportent la maladiequi se répand sur l’ensemble du pourtour méditerranéen.

Au cours du XVe sièclel’Empire ottoman étend ses possessions autour de la Mer Noire et devient le nouvel acteur majeur de la région. En 1475les Ottomans s'emparent de la péninsule après la conquête de la principauté de Théodoros et la cèdent à leur vassalle Khanat de Criméeayant succédé à la Horde d’Or. Le Khanat est un État gouverné par les Tatars de Criméehéritant d’une ascendance turco-mongole. Ils étaient craints par les peuples environnants par leurs raids dévastateurstrès fréquents entre le XVIe et le XVIIe siècles. Fort de ces incursionspar le pillage et le commerce des esclavesle Khanat constitue une puissance prospère dans la région. En 1571- 1572le sac de Moscou par les Tatars de Crimée et par les Ottomans conduit les tsars russes à engager le pays dans une politique impériale affirmée et notamment une expansion vers le sudappelé « Nouvelle-Russie ». Celle-ci monte en puissance jusqu’au XVIIIe siècle ; en 1687 et en 1689 par exemplela régente de Russie Sophia Alexeievna lance deux campagnes militaires pour annexer une Crimée affaibliemais en vain.

De nouvelles guerres russo-turques au milieu du XVIIIe siècle achèvent de placer la Crimée dans l’orbite de la « Troisième Rome » russe. La tsarine Catherine II conçoit dans cet esprit un « projet grec » visant à repousser l’Empire ottomanà restaurer la grandeur orthodoxe et établir un accès russe à la Mer Noire. Ainsile traité de Koutchouk-Kaïnardji (1774) prévoit sur le papier l’indépendance du Khanat de Criméemais son dirigeant est choisi par Catherine II. Les tentatives de soulèvements et contestations de la population sont matées par l’invincible général Alexandre Souvorov. Sous l’impulsion de son favori Grigori Potemkinequi fonde entre autres la ville portuaire fortifiée de SébastopolCatherine II intervient dans les affaires internes à la Criméeformellement rattachée à l’Empire en 1783. Cet état de fait est entériné par les défaites ottomanes dans les conflits suivants. Les Russes mobilisent un imaginaire civilisationnelopposant schématiquement le monde des orthodoxes aux musulmans ; dans cet espritils multiplient les références gréco-romaines dans les noms des villes fondées ou annexées en Nouvelle-Russie.

Dès lorsles Tatars de Criméemis en minoritédoivent rendre les armeslibérer les esclaves chrétienset font face à l’installation massive sur leurs terres de colons et d'agriculteurs russesukrainiens et allemands. La Russie impériale déploie les Cosaques afin de contraindre les Tatars et les Roms à l’assimilation ou à l’exil. À partir de 1802l'Empire russe crée un gouvernement de Taurideen référence au peuple antique des Taurescentré sur Simferopol. Se vidant de sa population originelle (majoritairement musulmane)le territoire de la Crimée et son arrière-pays font l’objet d’une ambitieuse politique d’aménagement par le pouvoir russedans le but d’attirer de nombreux peuples (chrétiens et juifs) au cours du XIXe siècle. Cette expansion économique inquiète l’Empire ottomanquiau milieu des années 1850fait appel à la Grande-Bretagne et à la France pour contrer la progression russe. Ces puissances s’engagent dans un conflit meurtrier qui ne fait que générer des rancœurs mutuelles entre les forces en présence.

Après la guerre de Crimée (1853-1856)celle-ci reste sous le contrôle de l’Empire russe. Le littoral méridional de la péninsule devient un lieu de villégiature privilégié pour l’aristocratie russeà l’image de la région de Yalta. Au sein de la complexe Révolution russese déroule la guerre d'indépendance ukrainienne (1917-1921)alimentée par un sentiment régionaliste croissant dans la « Petite Russie » ou Ruthénie depuis le milieu du XIXe siècle. Les tensions nationalistes et politiques sont exacerbées en Crimée. Opposant notamment UkrainiensRusses et Tatarschacun de ces groupes ethniques eux-mêmes divisés en différentes obédiences politiquessans compter les interventions des puissances européennesla guerre civile fait rage et divise la société criméenne en multiples factions. Dans les derniers temps du conflit (novembre 1920)les ultimes partisans de la Russie tsariste (Armée blanche)repliés derrière l’isthme de Perekopdoivent céder sous les assauts des anarchistes ukrainiens et des Bolcheviques (Armée rouge) et fuient vers Istanbul.

À partir de 1921la République socialiste soviétique autonome de Crimée intègre l’URSS en tant que république à part entière. Le pouvoir soviétique vise à réparer les persécutions subies par la minorité des Tatars de Crimée lors de l’époque tsariste et leur accorde un rôle politique notable au sein de l’appareil communisteainsi qu’une tolérance linguistique et culturelle. Cependantà partir de 1928la reprise en main stalinienne met fin à cet apaisement et marque un tournant brutal pour les Tatars de Crimée. Des dizaines de milliers de personnes sont déportéesemprisonnées ou exterminéesen particulier dans la classe intellectuellepour mener à bien des campagnes de russification et de soviétisation de la société criméenne. Dans les années 1930la collectivisation forcée et la répression des mouvements de contestation conduisent à une période terrible de famines orchestrées par le pouvoir soviétique. Stalinepar cette impitoyable politiqueentend éliminer toute contestation nationale dans les marges méridionales de son empire.

La Crimée fait partie des objectifs militaires à conquérir pour le Troisième Reich lors du déclenchement de l’invasion de l’URSS en 1941. L’enjeu est stratégique mais aussi symbolique : en effetla Crimée est vue par les nazis comme une terre d’origine gothiquequ’ils nomment « Gotenland ». Des populations allemandes y émigrent par vagues depuis le début du XIXe sièclemais dès le déclenchement de l’Opération Barbarossala majorité des Allemands de Crimée ont été déportés en Asie centrale par le pouvoir stalinien. Promise à une « regermanisation »la péninsule est conquise à l’automne 1941 par la Wehrmacht. Le port fortifié de Sébastopol résiste de longs mois mais finit par céder en juillet 1942. La Crimée est placée sous administration militairequi entreprend des projets coloniaux et vise à éradiquer les peuples non-germaniques. Les Juifsles Romsles Krymtchaks et les partisans soviétiques sont assassinés à la grenade ou par camions à gaz dès l’hiver 1941-1942. L’attitude de la population criméenne est divisée entre collaborationrésistanceou des actes ponctuels de solidarité entre communautés (comme envers les Karaïtes).

Après la reconquête de la péninsule par l’Armée Rouge au printemps 1944une autre épuration ethnique fait suite à celle menée par les Nazis. En effettous les peuples accusés d’avoir collaboré avec les troupes d’occupation germaniques sont déportés vers l’Asie centrale ou vers le système concentrationnaire des camps du Goulag. Ce « nettoyage des traîtres à la patrie » vise notamment la « détatarisation » menée à l’encontre des Tatars de Criméeà travers plusieurs axes. Administrativementla péninsule perd le rang de République autonome et devient un oblast. Démographiquementla population tatare est évacuée dans le but de favoriser l’implantation de colons slaves. Sur le plan historiographique et dans les monumentsla région efface les apports positifs de l’histoire tatare en Crimée. En 1954à l’occasion du tricentenaire du traité de Pereyaslavconsignant le rattachement de l’Ukraine à l’Empire russel’oblast de Crimée est intégré à la République socialiste soviétique d'Ukraine par le nouveau dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev. Le but est de repeupler et de redonner un nouveau souffle économique à la péninsulealors dans une situation désastreuse du fait des déportations massives.

En 1967un décret annule les accusations formulées à l’encontre des Tatars de Crimée prononcées après-guerremais reste sans effet concret pour le « peuple puni ». C’est au moment de la dislocation de l’URSS que de nouveaux mouvements de population et des évolutions politiques sensibles voient le jour. Au printemps 1992le Parlement de Crimée fonde la République de Criméeavec la reconnaissance de droits d’autogestion par l’Ukraine. La Crimée proclame même son indépendanceintroduit une Constitutionmais celle-ci précise que son territoire fait partie de l'Ukraine. Cette nouvelle donne contrarie les élites russes et les populations russophiles de la Criméemais le président Boris Eltsine parvient à négocier un statut spécial pour la base navale de Sébastopol. Un traité d'amitiéde coopération et de partenariat entre l'Ukraine et la Fédération de Russie est signé à la fin des années 1990 et permet d’approuver conjointement cette décision. Ce texte prévoit une reconduction tacite tous les dix ans. Cependantla dégradation des relations entre Ukraine et Russie au cours des années 2000 fait qu’il n’a été renouvelé qu’une seule fois.

En 2010dans une volonté d’apaisement avec la Russiele Parlement ukrainien adopte une loi confirmant son statut de pays « non-aligné »renonçant ainsi à une adhésion à l’OTAN. Cette disposition est parfois interprétée comme un acte de « finlandisation » (correspondant à une neutralité contrainte face à un puissant voisin) mais elle permet d’éviter l’embrasement d’une situation potentiellement conflictuelle en Crimée en raison de la répartition de la population : bien qu’il faille faire preuve de prudence en ce qui concerne les données ethniques et ethnolinguistiquesenviron 60 % des habitants se déclarent Russes25 % Ukrainiensmoins de 15 % Tatarstandis que 98 % de la population de la Crimée parle le russe. La même annéeles élections générales en Crimée octroient une large majorité au Parti des régionsrussophile etcomme son nom le suggèredéfenseur d’une autonomie régionale renforcée. Plus largementl’Ukraine est alors dominée par ce partibien que la population soit divisée sur l’attitude à adopter vis-à-vis de l’Union Européennenotamment sur le plan économique et diplomatique.

À la fin de l’année 2013l’Ukraine et l’UE étaient sur le point de conclure un accord d’associationnégocié de longue dateafin de pallier les carences financières du pays d’Europe orientale. Néanmoinsle président Viktor Ianoukovytchsous pression russechoisit de refuser cet accord ; cette décision suscite un soulèvement pro-européen à Kiev sur la place de l’Indépendance (souvent appelée « Maïdan »). La radicalisation du mouvement populaire est exacerbée par la répression menée par le pouvoir de V. Ianoukovytch. En février 2014les institutions politiques de Kiev sont renversées par les manifestantsce qui provoque un changement de pouvoir. Perçu comme une révolution légitime par les pro-européensce mouvement est assimilé à un « coup d’État fasciste » par les régions les plus russophiles (parmi lesquelles les oblasts de Louhansk et de Donetskainsi que la Crimée). Celles-ci proclament leur indépendance respective de l’Ukraine« validée » par des référendums d’autodétermination organisés au printemps 2014mais non-reconnue par la communauté internationale.

Le 18 marsle président Vladimir Poutine signe un accord avec les dirigeants de Crimée et entérine le rattachement de la péninsule à la Fédération de Russie. En réactionles autorités ukrainiennes ont tenté d’appeler à une réaction du Conseil de sécurité des Nations uniesen particulier des États-Unis et de la Grande-Bretagne. En effetces pays (de même que la Russie) s'étaient portés garants de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine via le Mémorandum de Budapestun document signé en 1994en contrepartie de son renoncement aux armes nucléaires après l’effondrement de l'Union soviétique. Les États occidentaux condamnent fermement les actes russesprononcent des sanctions économiques et diplomatiqueset dénoncent « l’annexion » de la Criméejustifiée par un référendum « illégal ». Toutefoisces pays ne s’engagent pas sur le plan militaire. La Crimée devient de facto un territoire russetandis que la situation s’embrase dans l’est de l’Ukraine dès le printemps 2014. La conflictualité varie en intensité au cours des années (accords de cessez-le-feureprise des combatsdiscussions internationalesetc.) mais demeure latente jusqu’à la reprise spectaculaire de la guerre lors du mois de février 2022 sous l’impulsion de Vladimir Poutine.

Les enjeux du rattachement de la Crimée à la Russie sont de différentes natures et les perceptions évoluent selon les échelles temporelles et spatiales considérées. En effetil est nécessaire de combiner des approches variées pour saisir l’incroyable enchevêtrement géopolitique à l’œuvre dans la péninsule. Les dimensions mémoriellesles données démographiques voire ethnolinguistiquesla situation géostratégique de « sentinelle » de la Mer d’Azov et de la Mer Noireles ressentiments mutuelsl’équilibre des relations russo-ukrainiennesles arbitrages de la diplomatie internationalele renouveau des zones d’influences post-Guerre Froidesans oublier les luttes dans le domaine énergétique ou pour le contrôle des espaces maritimes sont autant de paramètres déterminants dans la « question de Crimée ». Depuis 2014la population de la péninsule a été renouvelée puisque des dizaines de milliers de personnes issues des minorités ukrainiennes et tatares de Crimée ont émigréprincipalement vers l’Ukrainealimentant le sentiment anti-russe. À l’inversedes centaines de milliers de Russes se sont installés en Criméeactant à nouveau la volonté de russification de ce territoire singulier.

Ainsila Crimée est un territoire suscitant les convoitises et au cœur des conflits depuis des siècles. Ses villes et rivages ont abrité des événements déterminants dans les constructions identitaires et dans les luttes d’influences entre de nombreux peuples et empires à travers le temps. L’exemple mythique du baptême du grand-prince Vladimir Ier de la Rus’ de Kiev à Chersonèse à la fin du Xe sièclementionné par le président russe lors du rattachement de la Crimée en mars 2014illustre bien l’importance de la culture et de l’histoire dans les confrontations géopolitiques contemporaines. La convocation de références plus ou moins lointaines sert à légitimer l’ancrage du territoire dans tel récit politique ou dans tel ensemble civilisationnel. Cependantla question de l’appartenance de la Crimée peut également se poser en termes juridiques en confrontant deux notions : le principe d'intégrité des États face au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Au sujet de la Crimée et du Donbassla Russie a sans aucun doute trahi son engagement signé lors du Mémorandum de Budapest mais prétend convoquer un principe supérieur d’autodétermination. L’avenir géopolitique mondial dépend en partie du poids de ces normes dans les rapports de force internationaux.
Pour aller plus loin :
« La Criméeentre mythes et châtiments »article de Kommersant traduit par Courrier International21 novembre 2017.
ARMANDON Emmanuelle. « La Crimée entre Russie et Ukraineun conflit qui n’a pas eu lieu »2012.
AUDOUIN-ROUZEAU Frédérique. Les Chemins de la peste : le ratla puce et l'hommeéditions Tallandiercollection TextoParis2007.
CAMPANA Aurélie. « L’ethnicisation du champ politique en Criméeaffrontements politiques et systèmes de représentations différenciées »Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien2004.
DANA Madalina. « Grecs et populations locales autour de la mer Noiredu VIIIe siècle au IIIe siècle av. J.-C. »Cahiers du LEPAARQ2018.
DELANOË Igor. « La Russie s’affirme en mer Noire », Le Monde Diplomatiquejanvier 2019.
DUFAUD Grégory. « La déportation des Tatars de Crimée et leur vie en exil (1944-1956). Un ethnocide ? », Vingtième SiècleRevue d'histoirevol. 96no. 42007.
GONNEAU Pierre. « Crimée : une péninsule convoitée »L’Histoiren°399mai 2014.
LARANÉ André. « Crimée – Une péninsule très convoitée »Hérodote.net26 janvier 2022.
RICHARD Yann. « La crise de Crimée (mars 2014) : comment en est-on arrivé là ? »EchoGéo4 septembre 2014
ROULAND Norbert. « À qui la Crimée appartient-elle ? »The Conversation23 juillet 2020.
SERGIENKO Vladislava et MARTINETTI Joseph.« La question de Crimée : un cas d’école pour l’analyse géopolitique ? »Cahiers de la Méditerranée2020.
SLAVICEK Marie et BRANDY Grégor. « Les mots pour comprendre la crise ukrainienne », Le Monde22 février 2022.




